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HISTOIRE
La maison qui était à la campagne

L’élégante bâtisse construite entre 1830 et 1850 que l’on aperçoit inévitablement en bordure de l’avenue Pierre Brossolette (N306) est la construction la plus ancienne de la ville de Malakoff. Son histoire est mal connue car les archives historiques manquent. Ce que l’on sait toutefois, c’est qu’elle se trouvait à l’époque de sa construction en pleine campagne sur un territoire prisé des chasses royales.

(Photo Archives Municipales)

La carte topographique des environs de Versailles, dite des chasses impériales, levée et dressée entre 1764 et 1774 indique à quelques lieues au sud de Paris un paysage difficile à imaginer aujourd’hui : des bois, des bosquets, et des prairies sur un territoire dénommé « La plaine de Montrouge », et une première trace de propriété connue sous le nom de « Remise de l’Orme » située près du hameau dit du Petit-Vanves.

Cette construction aurait servie de lieu pour entreposer le gibier tué lors des chasses fréquentes des seigneurs du coin. On sait par ailleurs que le roi Louis XV chassait dans les environs lorsqu’il rendait visite au Duc de Lavallière dans son château aujourd’hui disparu et qui se trouvait dans le secteur de la mairie actuelle de Montrouge.

En 1825, grâce à un acte notarié découvert lors de recherches historiques, on apprend à qui appartenait ce petit morceau de terre de la Plaine de Montrouge. L’acte notarié précise qu’un jardinier-maraîcher monsieur François Pelletier, demeurant à Vaugirard, achète à monsieur Jean François Gédéon Deshayes, un terrain de marais avec habitation de maraîcher situé sur le terroir de Vanves au lieu-dit l’Epinette. A la mort de ce monsieur, la propriété sera vendue aux enchères.
 
Un architecte vérificateur, non identifié à ce jour, atteste dans un document daté du 28 décembre 1849 qu’un certain sieur Berthault, négociant, fait construire une maison sur le terrain. Il en précise les dimensions : 16 mètres de longueur sur 6 mètres de largueur, 7 mètres de hauteur. Le document précise que la construction sert au rez-de-chaussée de magasin et d’orangerie et que le premier étage est affecté à un logement et à une salle de billard. Il semble bien que ce soit la maison qui existe toujours aujourd’hui.
 
Monsieur Berthault acquiert par la suite toutes les parcelles environnantes pour former une propriété de 6385m2. En 1865 il donne en partage à ses enfants cette propriété sur laquelle se trouvaient plusieurs constructions.
 
La parcelle réapparait dans les textes le 18 février 1877 quand la propriété est vendue par les héritiers de monsieur Berthault à la Compagnie des tramways de Paris qui construit peu de temps après sur une partie du terrain un grand dépôt pour la zone sud de Paris. De ce dépôt partait notamment la ligne qui allait jusqu’à Saint-Germain des Prés.
 
En 1913, la propriété est découpée par l’ouverture d’une nouvelle route qui traverse le dépôt de tramway laissant une petite parcelle de terrain triangulaire sur laquelle se trouvait la maison.
Après la première guerre mondiale, en 1920, le Département de la Seine achète ce qui reste de la grande propriété de jadis pour ses services départementaux d’hygiène.
 
André Malraux repère la maison

En 1935, le terrain est encore amputé pour l’élargissement de l’avenue Pierre Brossolette. La maison autrefois au milieu d’un vaste jardin se retrouve désormais à quelques mètres de la route à grande fréquentation.

 
La maison tombera dans l’oubli et son état se dégradera au fil des ans. Mais la bâtisse avait un destin. Dans les années 1960, André Malraux, alors Ministre d’État chargé des Affaires culturelles dans trois gouvernements successifs de 1959 à 1969 ou il fait de la culture une affaire administrée par l’État, passant par hasard devant la maison, la remarque alors qu’il se rendait chez l’écrivaine Louise de Vilmorin (1904-1969) dans la Vallée de Chevreuse. Il va demander à ses services de faire des recherches sur ce bâtiment qui aboutiront en 1980 au classement des façades et de la toiture par l’inscription à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques.
 
Le Départements des Hauts-de-Seine, propriétaire de la maison depuis la création du département la cède à la ville de Malakoff qui l’achète officiellement le 17 novembre 1992.
 
Malakoff qui manquait d’un lieu pour l’art contemporain avait trouvé là un lieu idéal. En 1997 après d’importants travaux de restauration et de mises aux normes, la Maison des arts est inaugurée. C’est le début d’une nouvelle vie au coeur de l’espace urbain pour ce qui fut à l’origine une maison de campagne.
 
 
 
 (Photo Archives Municipales)
 

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