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MALAKOFF PATRIMOINE
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LE MONUMENT AUX MORTS DE 1914-1918
1918 : la population demande un monument pour les victimes de Malakoff (1)

La terrible guerre de 14-18 à peine terminée, très vite l’exigence du souvenir de toute la population de Malakoff déjà fortement chargé de la dimension affective, s’impose. Dans sa séance du 29 décembre 1918 le Conseil Municipal décide d’élever un monument à la mémoire des enfants de Malakoff morts pour la France. Mais la réalisation du projet rencontre de nombreuses difficultés. Le monument est construit seulement en 1926.


Lors du Conseil Municipal du 29 décembre 1918 plusieurs décisions seront prises pour mettre en oeuvre un hommage digne aux hommes de Malakoff morts pendant les quatre années du premier conflit mondial. La principale décision est la construction d’un monument commémoratif. Pour financer la réalisation du monument le Conseil décide aussi de créer un comité d’action et de propagande et l’ouverture d’une souscription publique. Il inscrit aussitôt au budget de la commune 20 000 francs au titre de la participation de la ville. Il convenait dès lors de choisir un monument et de solliciter l’autorisation de la commission de la Préfecture de la Seine chargée de veiller à l’application de la loi notamment sur l’égalité de tous les soldats sur le monument et le respect de la laïcité.

Après la loi du 25 octobre 1919, la commune entreprend le recensement des disparus de la commune. Le chiffre est stupéfiant : au moins un millier de morts(1).

Le 10 novembre 1919 un décret préfectoral approuve l’érection au cimetière communal d’un « monument à la mémoire des enfants de Malakoff en témoignage d’admiration et de reconnaissance de tous les habitants de la commune ».

Dès la décision prise par la Conseil municipal de nombreuses propositions de monuments arrivent en mairie. Entrepreneurs de travaux publics, industriels du funéraire, artistes, catalogues à l’appui ou références d’oeuvres déjà réalisées vantent leurs modèles pour obtenir la réalisation d’un monument à Malakoff (2)

L’érection du monument aux victimes de la guerre demande toutefois un gros effort financier à un moment où tout est à faire dans la jeune commune d’à peine 40 ans et déjà marquée par un lourd déficit (3). Mais la demande populaire est trop forte pour se dérober. Trois types de financement sont alors envisagés, mais assurés majoritairement par le budget communal. L’état qui a mis en place un système de subvention spécifique qui tient compte a la fois du nombre de morts et le nombre d’habitants de la commune est sollicité. Une souscription publique est lancée et des dons privés sont espérer pour apporter une somme significative qui permettra d’alléger la facture pour la commune (4)

L’emplacement du monument fait débat

L’implantation du monument dans l’espace communal fait à Malakoff comme dans bien des communes de France l’objet des plus vifs débats dans le Conseil Municipal puis dans le Comité d’organisation. Où construire le monument ? Faut-il dresser le monument dans un lieu public pour que le devoir de mémoire s’impose à la vue de tous, ou dans un endroit propice au recueillement ?

Face aux interrogations de certains membres du Comité d’organisation sur l’emplacement du monument, le Maire Edouard Fourquemin réaffirme sa position : « ce monument n’a pas pour objet de glorifier les anciens combattants, mais de perpétuer la mémoire de ceux qui sont morts ou disparus. L’implantation prévue au cimetière par le Conseil Municipal et approuvé par décret préfectoral, doit donc respecter cette décision pour prétendre bénéficier des subventions accordées par l’Etat et le Conseil Général. J’ai été aussi guidé, dit-il, dans ma décision par la pensée des familles qui ont perdu un des leurs et en choisissant un emplacement dans le cimetière on leur permet de se rendre sur une tombe dans un lieu propice au recueillement et au souvenir... » L’érection du monument aura donc bien lieu au cimetière. Reste à définir un emplacement.

Toutefois la construction du monument reste subordonnée à l’agrandissement du cimetière, et même si l’opération est déclarée d’Utilité publique elle rencontre deux obstacles importants, le manque immédiat de ressources financières de la commune et la zone de servitude du fort de Vanves impactée par cet agrandissement destiné à recevoir les corps des soldats transférés du front dans un carré militaire. En effet comme il s’agit de récupérer un terrain militaire, un polygone de 1500 mètres carrés, une autorisation ministérielle est nécessaire. La promulgation du décret d’autorisation n’intervient que le 7 juin 1921 et le 6 juin 1922. Le projet reste donc bloqué. Le 25 novembre 1924 le Conseil municipal valide enfin le projet de monument de l’architecte communal Armand Guérard et décide d’accélérer la procédure de construction estimant qu’il est grand temps d’avoir ce monument. Le Comité d’organisation mis en place en 1918 qui n’a pas pu fonctionner correctement est reconstitué le 15 janvier 1925 avec une représentation des membres élargie.

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Sources Archives Municipales, dossiers 4H 1-6, 1M 16-17, 2M 6

1) Selon Manuelle Basquin qui fait une gigantesque recherche généalogique ce serait finalement plus de 1100 morts dont un certains nombre ne figurent donc pas sur le monument aux morts. Voir dossier déposé aux Archives municipales en 2016.

2) Lors de la relance du projet de construction du monument l’artiste Marcel Loyau visiblement au courant du plan de monument de l’architecte communal Armand Guérard propose un projet « grandiose » à la fois simple, mais « tout de même une oeuvre d’art qui fasse honneur à la commune...Car dit-il dans sa note d’intention ce n’est pas un mur partagé en trois ou quatre plaques ornées qui donnera à la commune un hommage digne de ce nom à ses morts... » Il propose d’élever « un monument en ciment bleuté, avec ses châiteaux dorés et sa statuaire en bronze, d’une longueur de 10 mètres et de 6 mètres de hauteur, élevé sur une crypte en béton abritant 450 cases pour recueillir les restes des soldats, éclairée à l’électricité et décorée à l’intérieur d’une composition peinte à fresque. Le maire ne donnera pas suite à cette proposition jugée beaucoup trop ambitieuse pour les moyens de la commune.

3) La dette de guerre de Malakoff dépasse en 1920 1,8 million de francs

4) Le Conseil Municipal validera le 29 juin 1928 le décompte définitif du coût du monument aux morts pour un total de 58 556 francs 


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