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MEMOIRE GENERATIONNELLE
Les plaques commémoratives
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C’est seulement depuis la seconde guerre mondiale que les victimes et les combattants ont eux aussi leurs plaques individuelles sur la façade même de leur ancienne habitation. On en recense une cinquantaine à Malakoff.
Ainsi, depuis quelques décennies, la commémoration la plus usuelle consiste à apposer une plaque sur le lieu d’habitation des personnes concernées. Ces plaques commémoratives figurent parmi les marqueurs de l’histoire locale d’une façon particulière puisqu’elles ont l’ambition d’avoir un impact sur les populations et de transmettre aux Malakoffiots une réalité du passé.

De longue date en France, ont été apposées sur les murs de nos villes des plaques commémoratives, le plus souvent individuelles, à des personnalités civiles, militaires et religieuses

C’est un décret du Ministère de l’Intérieur le 12 avril 1946 qui a fixé pour la première fois les conditions de création et d’attribution d’une plaque commémorative dans l’espace public. Cette réglementation qui doit être appliquées par les municipalités a été depuis plusieurs fois modifiée.
 
Si ces plaques n’entrent pas dans la catégorie de l’art public urbain au même titre que les statues et les monuments commémoratifs, l’existence des plaques représente la mémoire générationnelle qui se trouve ainsi ancrée dans l’espace public des villes, bousculant le temps, formant des lieux de mémoire. Par leur nombre sur la commune, elles témoignent aussi d’une conception de l’histoire et du rôle de ses habitants. Elles constituent l’affirmation des équipes municipales successives et des associations d’Anciens Combattants et de Résistants de l’importance des engagements et des personnes objets des plaques commémoratives.
 
UN LIEU DE PAROLE POLITIQUE
 
En raison de leur rôle particulier au vu et au su de toute la population, les plaques participent à un enjeu politique. Elles sont une manière d’écrire l’histoire sur la voie publique. Beaucoup de plaques à Malakoff rendent sensibles une deuxième guerre mondiale qui fut faite contre des enfants, des femmes, des hommes, des militants ouvriers et politiques, notamment communistes. La plaque commémorative, c’est aussi un lieu de parole politique.
 
En parcourant Malakoff, on les rencontre par hasard notamment apposées sur des façades de maisons et d’immeubles. Un relevé topographique des plaques permet de les localiser principalement dans « le Malakoff historique » avant l’extension de la ville vers le sud. Elles se fondent dans les différents secteurs de la ville ou parfois elles doivent composer avec des bâtiments qui ont remplacé le lieu historique d’origine. Les mutations de l’espace public depuis 60 ans n’empêchent pas à Malakoff le rappel de la mémoire. La plaque concernée prend alors le rôle de recréer le site disparu et de le conserver dans l’imaginaire collectif.
 
Les plaques commémoratives sont toujours d’apparence simple afin d’attirer le passant sur le texte dont elles sont porteuses.
Un grand nombre de plaques individuelles évoquent des personnes mortes aux combats de la Libération, sont liées aux faits de Résistance, rappellent la déportation de Juifs et de Militants ouvriers Communistes. Elles mentionnent des noms d’hommes fusillés, tombés sous les balles des Allemands. Cette interprétation du passé à par ailleurs une valeur symbolique et honorifique, les plaques individuelles représentent en fait une décoration et une reconnaissance publique.
 
Quelques plaques évoquent des évènements (imprimerie clandestine, emplacement de la Tour Malakoff...
 
Archives de Malakoff à ciel ouvert, ces plaques commémoratives doivent être préservées comme l’inscription publique sur nos murs d’une partie de sa mémoire.

 

 « Sur les sentiers éveillés. Sur les routes déployées. Sur les places qui débordent. J’écris ton nom. ...Et par le pouvoir d’un mot, je recommence ma vie. Je suis né pour te connaître. Pour te nommer. Liberté.
Paul Eluard, poésies et vérités (1942)

 


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