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MALAKOFF PATRIMOINE
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LEON A L’HONNEUR DANS LE FIGARO (2000)
L’étrange flambeau qui éclaire le sentier du Tir
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Quand il s’agit de dénicher des lieux insolites, la presse offre parfois à ses lecteurs des découvertes originales. Dans la page culture du numéro du Figaro du 25 septembre 2000, le journaliste Hervé Guénot rapporte son coup de cœur pour l’impasse du Tir à Malakoff et sa principale attraction : le bec de gaz qui fonctionne toujours au gaz et amoureusement protégé par les riverains. Depuis la parution de l’article, des choses ont changé (1). Extraits.

...Il s’appelle Léon. Ce n’est ni un chien ni un chat. Ni même un cousin éloigné. C’est un bec de gaz, un vrai qui fonctionne vraiment au gaz. Lové dans une belle ruelle de Malakoff, il a fier allure, la nuit, dispensant une lumière blanche et faible. Un phare du XIXème siècle égaré dans le XXIème, au milieu des tempêtes bruyantes de la modernité. Sur ses vitres, la sainte trinité des inventeurs de l’éclairage au gaz : le Français Philippe Lebon, le Britannique William Murdock, l’Autrichien Karl Auer. Et plusieurs dates marquant son histoire : 1785 et 1880. Etrange flambeau qui éclaire le sentier du Tir.

Rappel rassurant du passé, sentinelle sympathique de l’histoire, pied de nez à une époque faite de rentabilité, objet paradoxal à l’heure d’internet : Léon est tout cela à la fois...Il a donc des défenseurs dans ce monde de brute : l’association des amis de Léon (2)... » dont l’objet est qu’il fonctionne toujours... », déclare son président Laurent Thomas qui précise que Léon brûle jour et nuit.

Mais les souvenirs des uns et des autres ne sont plus très clairs. On ne sait même plus pourquoi on l’a appelé Léon. Les une pensent qu’il a toujours fonctionné. Mais enquête faite auprès des services techniques municipaux, un agent assure que la rénovation de Léon date d’une quinzaine d’année : « Nous nous sommes chargés de la partie mécanique en collaboration avec Gaz de France », dit-il.

Malakoff est décidément abonnée au gaz. Non loin du sentier du Tir, voici l’impasse Ponscarme où brûlent encore trois autres becs de gaz (3). « Mais attention, ils n’ont rien à voir avec Léon prévient Laurent Thomas. En effet, en service depuis seulement trois ou quatre ans, ils n’ont pas sa vieille noblesse. Un sur trois est bien d’époque mais il a longtemps subi les outrages de l’électrification.

La nuit, impasse Ponscarme, on entend un très léger sifflement : c’est le gaz consommé par les trois (blancs) becs. Une lumière pâle tamisée, reposante (3). En un clin d’oeil, on prend un ticket pour le siècle d’Eugène Sue. « Nous n’avons pas eu de problème pour mettre en place ces éclairages, précise Jean-Pierre Thouvenain, attaché commercial à GDF, qui fut chargé du dossier. Toutefois, les tubes en plomb ont été changés par des tubes en inox. Il a fallu monter ces brûleurs pour répondre aux normes de sécurité. Maintenant, des communes nous demandent de monter des becs de gaz pour des raisons esthétiques, notamment dans des lieux prestigieux », explique-t-on à GDF. En France, la ville de Sarlat, la place Gutemberg à Strasbourg, le château de Chantilly, les vieux quartiers de Grenoble ont ainsi été équipés.
D’autres sont en activité à Londres, à Berlin, à Florence et même dit-on, à la Nouvelle-Orléans. Là-bas, Léon ne serait sans doute pas dépaysé...
 
Hervé Guénot
Exrait du Figaro du 25 septembre 2000
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(1) Plusieurs rénovations ces dernières années et un malencontreux bricolage fin 2011
(2) Aujourd’hui, l’association est en sommeil, mais Léon est toujours là
(3)Les becs de gaz de l’impasse Ponscarme ont été définitivement électrifiés en 2001

 Six réverbères éclairent le sentier du Tir. Un seul est au gaz : Léon


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