SOMMAIRE :
Le sacré

Un territoire


Le bâti


Les activités


LIEUX SYMBOLES
Quatre monuments pour la transmission de la mémoire

Les quatre monuments aux morts présents dans la ville de Malakoff interrogent sur le sens de la vie, sur la conception de la patrie et sur un avenir que tous espèrent débarrassés des horreurs de la guerre. La ville de Malakoff est très attachée au devoir de mémoire. Plusieurs fois par an, les cérémonies patriotiques qui se déroulent aux monuments aux morts perpétuent le souvenir et rendent hommage aux combattants et aux victimes civiles et militaires.

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Les quatre monuments aux morts présents dans la ville de Malakoff interrogent sur le sens de la vie, sur la conception de la patrie et sur un avenir que tous espèrent débarrassés des horreurs de la guerre. La ville de Malakoff est très attachée au devoir de mémoire. Plusieurs fois par an, les cérémonies patriotiques qui se déroulent aux monuments aux morts perpétuent le souvenir et rendent hommage aux combattants et aux victimes civiles et militaires.


Un cénotaphe au cimetière communal

Le plus ancien monument commémoratif de Malakoff est le cénotaphe situé au fond du cimetière, sur les lieux mêmes des combats contre les prussiens en 1870 qui eurent lieu autour du fort de Vanves.  Monument du souvenir vivement encouragé par les évolutions politiques et l’essor du mouvement combattant de l’époque, le choix du sculpteur Ponscarme s’est porté sur la forme classique du cénotaphe n’abritant aucun corps où ne figurent que quelques symboles forts qui sont parvenus jusqu’à nous. voir la fiche descriptive

Le monument de 14/18 (1926)

Le plus impressionnant monument commémoratif de Malakoff est celui inauguré en 1926 quelques années après la guerre qui fut l’une des plus terribles et les plus meurtrières de tous les temps et pour laquelle Malakoff paya un lourd tribu.

Adossé au mur d’enceinte face à une allée bordée d’arbres le monument portera tous les noms des 931 soldats de la commune morts à cause de la guerre. Aux inscriptions des morts de la Première guerre mondiale se sont ajoutés celles des autres conflits du 20ème siècle : les 104 noms des soldats tués au combat durant la guerre de 39-45. Au fil des ans le monument est devenu aussi le lieu de mémoire pour les 69 victimes du nazisme. Et pour se rappeler les soldats morts dans les combats d’Indochine et d’Algérie, 28 autres noms de Malakoffiots ont été rajoutés (voir la fiche descriptive)

Un monument au centre ville "Le prix de la victoire) (1955)

Pour rendre encore plus visible le devoir de mémoire dans la conscience collective et le désir de paix, un nouveau monument sera inauguré en 1955 au coeur de la ville place du 14 juillet dénommé « Le Prix de la victoire ». Il est devenu le lieu symbolique des manifestations patriotiques du souvenir, le lieu principal des commémorations. Oeuvre du sculpteur Jean Joachin et de l’architecte Levillageois, le monument s’articule autour de la femme ailée, allégorie de la victoire, figure féminine qui supporte la patrie, la terre pour laquelle on se bat afin de sauvegarder son intégrité.(voir la fiche descriptive).

Un mémorial à la Maison de la Vie Associative (2003)

Un monument a repris sur la façade d’entrée du bâtiment public les plaques commémoratives placées auparavant dans le hall de la première Mairie de Malakoff formant ainsi un Mémorial aux victimes civiles et militaires de toutes les guerres du 20ème siècle. (voir la fiche descriptive)

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HONNEUR ET PATRIE
1886 : monument commémoratif de 1870

Le 15 août 1886 le Conseil municipal de Malakoff décidait la construction d’un monument à la mémoire des soldats morts pour la patrie. Il fut décidé que son emplacement au rond-point du nouveau cimetière ouvert le 1er juillet 1886 avait tout son sens. Le cimetière municipal est en effet situé à côté du Fort de Vanves qui fut le théâtre de divers combats successivement avec les Prussiens et entre les Fédérés et les Versaillais. Il ne sera finalement inauguré qu’en 1902.

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Le 15 août 1886 le Conseil municipal de Malakoff décidait la construction d’un monument à la mémoire des soldats morts pour la patrie. Il fut décidé que son emplacement au rond-point du nouveau cimetière ouvert le 1er juillet 1886 avait tout son sens. Le cimetière municipal est en effet situé à côté du Fort de Vanves qui fut le théâtre de divers combats successivement avec les Prussiens et entre les Fédérés et les Versaillais. Il ne sera finalement inauguré qu’en 1902.

Les monuments hommages aux morts de la guerre de 1870 sont peu nombreux en France. Le Conseil municipal de Malakoff devança la loi de 1890 qui confiait l’initiative aux communes l’érection des monuments commémoratifs sur les emplacements des batailles où les places publiques.
Le monument fut donc érigé grâce à une souscription nationale sur les lieux mêmes de la tragédie. En effet, la guerre de 1870 n’épargna pas le territoire autour du fort de Vanves, territoire qui deviendra le secteur sud de Malakoff. Par la suite le monument honora aussi la mémoire des soldats morts dans les guerres coloniales.
 
La plupart des monuments de cette époque ont été réalisés par des artistes affirmés, contrairement aux monuments aux morts de la guerre de 1914-1918 produits très souvent en série. A Malakoff on fit appel au sculpteur et médailleur de grand renom Hubert Ponscarme, habitant la commune et qui fut conseiller municipal jusqu’en 1884. Ce fut le premier monument commémoratif à Malakoff en l’honneur des soldats tués dans les conflits armés.
 

Le monument sur son premier emplacement au croisement des allées non loin de l’entrée principale du cimetière (1902)

Un monument classique, mais inédit
 
Le monument funéraire se présente sous la forme d’un cénotaphe ressemblant à un imposant tombeau mais qui n’abrite aucun corps. Visuellement il est propice au souvenir et au recueillement. C’était le but des élus de Malakoff.
Le monument est composé d’un soubassement en contact avec le sol entouré d’un petit espace régulièrement fleuri, d’une pierre tombale assez haute sur laquelle repose à plat une plaque de marbre supportant en relief la Palme de la Victoire, simple branche de laurier en bronze symbole de paix et de gloire. Devant le tombeau est inscrite en grosses lettres : « Aux enfants de Malakoff morts pour la Patrie ».
 
Une chaîne du souvenir reliée à six flambeaux stylisés délimite l’espace sacré et le sépare du reste des lieux.
 
Une stèle verticale rehausse le monument et permet d’y ajouter inscriptions et symboles. De chaque coté, sur la partie supérieure sont scupltés en relief deux anneaux, symbole de l’éternité, et qui marquent le lien d’une communauté, une alliance. Une façon sans doute dans l’esprit du sculpteur Ponscarme de montrer l’importance du lien des soldats morts avec la nation.
 
Une plaque aux riches significations
 
La plaque argentée fixée à l’arrière de la stèle est assurément la décoration la plus significative du monument. Une ancienne photographie du début du 20ème siècle la montre à l’avant de la stèle posée au dessus du tombeau.
Au centre, l’inscription rappelle d’abord le sens du monument : « A la mémoire des militaires et marins de Malakoff morts au service de la France ». Au dessous figure l’indication « Société Nationale du Souvenir Français » à qui l’on doit depuis plus de 120 ans tant d’actions de soutien aux familles et à l’entretien des lieux de mémoire.
 
Trois motifs sont également présents sur la plaque du souvenir. Un fronton en demi-relief comporte un faisceau de licteur constitué par l’assemblage de branches longues et fines liées autour d’une hache par des lainières en cuir. L’emblème est entouré d’une branche de chêne (symbole de la Justice) et d’une guirlande de fleurs. Ce motif issu de la Rome antique à été réinterprété par la Révolution Française pour représenter l’union et la force des citoyens français réunis pour défendre la liberté. Aujourd’hui encore il est utilisé pour représenter la République. Il figure notamment sur la couverture de nos passeports. De chaque côté du fronton deux mots « Honneur et Patrie ».
 
Sur le côté droit le tambour, dit d’ordonnance, dont la mission essentielle était d’assurer autrefois la transmission des ordres. Il est accompagné d’un clairon dont toutes les troupes furent dotées en 1831 pour les sonneries règlementaires. Un clin d’oeil peut-être aussi au rôle d’Alexandre Baudot, le célèbre "Clairon de Malakoff" qui s’illustra par sa conduite héroïque lors de la prise de la tour de Malakoff en Crimée le 8 septembre 1855. Deux canons d’artillerie complètent le motif.
 
Sur le coté gauche autres symboles forts. A centre la couronne mortuaire avec ses fleurs séchées qui vient ici renforcer le sens d’éternité du cercle, canons, haches, pics, oriflammes...
 
13 noms gravés sur la plaque commémorative
 
A l’origine le monument ne comportait aucun nom de soldats morts en service en France et dans les guerres coloniales. Ultérieurement furent gravés sur les côtés 13 noms de soldats et marins :
Julien Arondel (1890 Malakoff), Adolphe Borst ( conflit Union Indochinoise, 1892 Tonkin Viet-Nam, Indochine), Gustave Bouclet (1895, Diego-Suarez), Célestin Colle (1900 Dunkerque), Albert Gilbert (1889, Brest), Jule Ganmougin (1900, Tunisie), Gaston Hupry (1901, Algérie), Lucien Jordaney (conflit Union Indochinoise,1896, Tonkin Viet-Nan, Indochine), Léon Orange (1893 Malakoff Viet-Nan, Indochine), Elie Ponscarme (1895, Madagascar) ; Louis Putz ( conflit Union Indochinoise, 1893, Tonkin Viet-Nam, Indochine), Charles Talobre (conflit Union Indochinoise, 1887, Tonkin Viet-Nam, Indochine), Francis Vasseur (conflit Chine, 1900, Chine).

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LE MONUMENT AUX MORTS DE 1914-1918
1918 : la population demande un monument pour les victimes de Malakoff (1)

La terrible guerre de 14-18 à peine terminée, très vite l’exigence du souvenir de toute la population de Malakoff déjà fortement chargé de la dimension affective, s’impose. Dans sa séance du 29 décembre 1918 le Conseil Municipal décide d’élever un monument à la mémoire des enfants de Malakoff morts pour la France. Mais la réalisation du projet rencontre de nombreuses difficultés. Le monument est construit seulement en 1926.

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La terrible guerre de 14-18 à peine terminée, très vite l’exigence du souvenir de toute la population de Malakoff déjà fortement chargé de la dimension affective, s’impose. Dans sa séance du 29 décembre 1918 le Conseil Municipal décide d’élever un monument à la mémoire des enfants de Malakoff morts pour la France. Mais la réalisation du projet rencontre de nombreuses difficultés. Le monument est construit seulement en 1926.


Lors du Conseil Municipal du 29 décembre 1918 plusieurs décisions seront prises pour mettre en oeuvre un hommage digne aux hommes de Malakoff morts pendant les quatre années du premier conflit mondial. La principale décision est la construction d’un monument commémoratif. Pour financer la réalisation du monument le Conseil décide aussi de créer un comité d’action et de propagande et l’ouverture d’une souscription publique. Il inscrit aussitôt au budget de la commune 20 000 francs au titre de la participation de la ville. Il convenait dès lors de choisir un monument et de solliciter l’autorisation de la commission de la Préfecture de la Seine chargée de veiller à l’application de la loi notamment sur l’égalité de tous les soldats sur le monument et le respect de la laïcité.

Après la loi du 25 octobre 1919, la commune entreprend le recensement des disparus de la commune. Le chiffre est stupéfiant : au moins un millier de morts(1).

Le 10 novembre 1919 un décret préfectoral approuve l’érection au cimetière communal d’un « monument à la mémoire des enfants de Malakoff en témoignage d’admiration et de reconnaissance de tous les habitants de la commune ».

Dès la décision prise par la Conseil municipal de nombreuses propositions de monuments arrivent en mairie. Entrepreneurs de travaux publics, industriels du funéraire, artistes, catalogues à l’appui ou références d’oeuvres déjà réalisées vantent leurs modèles pour obtenir la réalisation d’un monument à Malakoff (2)

L’érection du monument aux victimes de la guerre demande toutefois un gros effort financier à un moment où tout est à faire dans la jeune commune d’à peine 40 ans et déjà marquée par un lourd déficit (3). Mais la demande populaire est trop forte pour se dérober. Trois types de financement sont alors envisagés, mais assurés majoritairement par le budget communal. L’état qui a mis en place un système de subvention spécifique qui tient compte a la fois du nombre de morts et le nombre d’habitants de la commune est sollicité. Une souscription publique est lancée et des dons privés sont espérer pour apporter une somme significative qui permettra d’alléger la facture pour la commune (4)

L’emplacement du monument fait débat

L’implantation du monument dans l’espace communal fait à Malakoff comme dans bien des communes de France l’objet des plus vifs débats dans le Conseil Municipal puis dans le Comité d’organisation. Où construire le monument ? Faut-il dresser le monument dans un lieu public pour que le devoir de mémoire s’impose à la vue de tous, ou dans un endroit propice au recueillement ?

Face aux interrogations de certains membres du Comité d’organisation sur l’emplacement du monument, le Maire Edouard Fourquemin réaffirme sa position : « ce monument n’a pas pour objet de glorifier les anciens combattants, mais de perpétuer la mémoire de ceux qui sont morts ou disparus. L’implantation prévue au cimetière par le Conseil Municipal et approuvé par décret préfectoral, doit donc respecter cette décision pour prétendre bénéficier des subventions accordées par l’Etat et le Conseil Général. J’ai été aussi guidé, dit-il, dans ma décision par la pensée des familles qui ont perdu un des leurs et en choisissant un emplacement dans le cimetière on leur permet de se rendre sur une tombe dans un lieu propice au recueillement et au souvenir... » L’érection du monument aura donc bien lieu au cimetière. Reste à définir un emplacement.

Toutefois la construction du monument reste subordonnée à l’agrandissement du cimetière, et même si l’opération est déclarée d’Utilité publique elle rencontre deux obstacles importants, le manque immédiat de ressources financières de la commune et la zone de servitude du fort de Vanves impactée par cet agrandissement destiné à recevoir les corps des soldats transférés du front dans un carré militaire. En effet comme il s’agit de récupérer un terrain militaire, un polygone de 1500 mètres carrés, une autorisation ministérielle est nécessaire. La promulgation du décret d’autorisation n’intervient que le 7 juin 1921 et le 6 juin 1922. Le projet reste donc bloqué. Le 25 novembre 1924 le Conseil municipal valide enfin le projet de monument de l’architecte communal Armand Guérard et décide d’accélérer la procédure de construction estimant qu’il est grand temps d’avoir ce monument. Le Comité d’organisation mis en place en 1918 qui n’a pas pu fonctionner correctement est reconstitué le 15 janvier 1925 avec une représentation des membres élargie.

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Sources Archives Municipales, dossiers 4H 1-6, 1M 16-17, 2M 6

1) Selon Manuelle Basquin qui fait une gigantesque recherche généalogique ce serait finalement plus de 1100 morts dont un certains nombre ne figurent donc pas sur le monument aux morts. Voir dossier déposé aux Archives municipales en 2016.

2) Lors de la relance du projet de construction du monument l’artiste Marcel Loyau visiblement au courant du plan de monument de l’architecte communal Armand Guérard propose un projet « grandiose » à la fois simple, mais « tout de même une oeuvre d’art qui fasse honneur à la commune...Car dit-il dans sa note d’intention ce n’est pas un mur partagé en trois ou quatre plaques ornées qui donnera à la commune un hommage digne de ce nom à ses morts... » Il propose d’élever « un monument en ciment bleuté, avec ses châiteaux dorés et sa statuaire en bronze, d’une longueur de 10 mètres et de 6 mètres de hauteur, élevé sur une crypte en béton abritant 450 cases pour recueillir les restes des soldats, éclairée à l’électricité et décorée à l’intérieur d’une composition peinte à fresque. Le maire ne donnera pas suite à cette proposition jugée beaucoup trop ambitieuse pour les moyens de la commune.

3) La dette de guerre de Malakoff dépasse en 1920 1,8 million de francs

4) Le Conseil Municipal validera le 29 juin 1928 le décompte définitif du coût du monument aux morts pour un total de 58 556 francs 

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LE MONUMENT AUX MORTS DE 1914-1918
Le choix difficile d’un monument après un traumatisme collectif (2)

C’est l’architecte communal Armand Guérard qui se voit confier par le Maire Edouard Fourquemin la délicate tâche de proposer un monument du souvenir qui doit d’abord respecter un certain nombre de dispositions législatives puis répondre à l’immense besoin de la population d’avoir un lieu de mémoire collectif. Le monument permettra selon les élus de forger des liens d’appartenance et de solidarité grâce aux cérémonies du souvenir qui sont désormais organisées chaque 11 novembre depuis 1922.

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C’est l’architecte communal Armand Guérard qui se voit confier par le Maire Edouard Fourquemin la délicate tâche de proposer un monument du souvenir qui doit d’abord respecter un certain nombre de dispositions législatives puis répondre à l’immense besoin de la population d’avoir un lieu de mémoire collectif. Le monument permettra selon les élus de forger des liens d’appartenance et de solidarité grâce aux cérémonies du souvenir qui sont désormais organisées chaque 11 novembre depuis 1922.

Armand Guérard l’architecte communal a donc dessiné les plans du monument. Il voulait une construction la plus noble possible sur un lieu investi d’une certaine sacralité et dépositaire de la mémoire, la perpétuation du souvenir à l’échelle de la commune durement éprouvée par tant de morts. Son projet approuvé par le Conseil Municipal le 25 novembre 1924 comporte quelques détails qui n’ont pas été réalisés dans le monument définitif notamment les palmes de laurier qui encadraient la liste centrale et la ceinture d’obus enchaînés sur la plate-forme qui voulait témoigner de la force brutale de la guerre moderne.

Après un appel d’offre et une adjudication le 3 avril 1923 une entreprise est choisie pour exécuter le monument. Lors de cette adjudication quatre entreprises qui ont reçu le visa de l’architecte communal sont sur les rangs : les entreprises Guilvard et Tixier de Malakoff et les entreprises Fléchelle et Cohen/Dechère de Paris. C’est le marbrier funéraire René Fléchelle installé boulevard Edgard Quinet à Paris 14è qui remporte l’appel d’offre. Il est chargé de l’exécution des travaux à partir des plans de l’architecte communal sur un nouvel espace du cimetière agrandi.

Un emplacement qui fait sens

Impossible de ne pas le voir lorsqu’on parcourt le cimetière. Au final c’est un monument aux dimensions édifiantes, mais en fait assez conventionnel. Il frappe d’abord par sa masse et sa sobriété. Délimité par une barrière physique ou symbolique, le monument occupe un terrain soustrait à l’espace public par un périmètre surélevé dont les marches accentuent la mise à distance tout en lui faisant corps.

Pas de symboles patriotiques ou militaires ni de représentation de la violence de la guerre, la longue liste des morts (voir la fiche3) est assez cruelle pour dénoncer les horreurs de la guerre et ses absurdités. Peu d’iconographie à part le symbole floral qui encadre la date 1914-1918 de chaque côté du monument et les feuilles de chêne qui courent sous la dédicace du fronton, symbole de durée, d’éternité et de pérennité.

L’inscription qui traverse toute la longueur du monument laissée au choix de la commune est caractéristique du sens que veulent donner les élus de Malakoff au nouveau mémorial. Pas de morts pour la France ou la patrie, pas de glorification des morts. La dédicace funéraire « A nos morts victimes de la guerre » montre clairement un choix d’hommage qui va aux soldats de la commune considérés comme des victimes de la première guerre industrielle de masse. Elle vient ici renforcer la symbolique du monument.

Pour des raisons pratiques la plupart des monuments aux morts en France ne portent pas de dates précises, mais l’indication des années. Ainsi, l’expression 1914-1918 qui figure sur les deux parties latérales du monument de Malakoff est la plus répandue. Elle reste la seule jusqu’en 1945 date à laquelle sont rajoutées la nature des conflits postérieurs avec le nom des territoires concernés et la nature de la mort : 1939-1945, tués aux combats. 1939-1945, victimes du nazisme. Indochine 1946-1954. Algérie, 1954-1962. Ce qui porte à 1162 victimes des guerres inscrites sur le monument.

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Sources Archives Municipales, dossiers 4H 1-6, 1M 16-17, 2M 6

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LE MONUMENT AUX MORTS DE 1914-1918
Une inscription nominative qui décrit l’ampleur de la catastrophe humaine (3)

La terrifiante liste de près de 1000 morts de Malakoff durant la Première Guerre Mondiale sur le monument est conçue comme un tableau d’honneur des douleurs individuelles et collectives, dans la mentalité de l’après guerre. Cette longue liste de noms par ordre alphabétique, sorte de palmarès à la fois glorieux des héros morts pour la France et funèbre affirme le tribut du sang dans l’histoire de la ville. La liste montre aux yeux de tous l’ampleur de la catastrophe humaine pour la ville de Malakoff.

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La terrifiante liste de près de 1000 morts de Malakoff durant la Première Guerre Mondiale sur le monument est conçue comme un tableau d’honneur des douleurs individuelles et collectives, dans la mentalité de l’après guerre. Cette longue liste de noms par ordre alphabétique, sorte de palmarès à la fois glorieux des héros morts pour la France et funèbre affirme le tribut du sang dans l’histoire de la ville. La liste montre aux yeux de tous l’ampleur de la catastrophe humaine pour la ville de Malakoff.

La grande nouveauté des monuments du souvenir de la Grande Guerre partout en France est un changement de nature et de dimension. Pour la première fois sont nommées les victimes, accordant ainsi une identité propre de soldat et d’homme indépendamment de tout geste héroïque qui prévalait autrefois. L’énumération dans une liste nominative de chaque mort due à la guerre classée par ordre alphabétique, sans grade militaire devient donc un symbole.

L’inscription des noms répond aussi à une contrainte technique très importante pour chaque commune. L’identification, l’acheminement et le listage des corps des millions de morts fut impossible à réaliser à la fin de la guerre. Le monument pour beaucoup de poilus disparus remplace le tombeau familial au cimetière communal.

C’est la longue liste nominative des morts de Malakoff sur le monument qui montre l’importance du deuil à l’échelle de la ville. Un millier de morts pour une commune de 19 757 habitants et 6037 ménages selon le recensement de 1911, un chiffre qu’il faut diviser en comptabilisant les femmes et les enfants. L’effrayante liste d’hommes de Malakoff tués par la guerre place au yeux de tous l’ampleur de la catastrophe humaine.

Une mémoire ancrée dans la cité

Une liste de noms sur le monument de Malakoff comme sur tous les monuments de France car une règle de fait s’est déjà imposée lors de la réalisation des monuments aux morts de la guerre de 1870-1871. Parce qu’ils sont égaux dans la mort, ceux qui sont mort pour leur pays méritent l’égalité monumentale, quels que soient le lieu et l’époque. Cette règle à été confortée dès les premières constructions rendant hommage aux morts de la Première Guerre Mondiale. Le monument commémoratif de Malakoff applique donc ce principe conformément à la loi.

Ainsi, édifié dans un endroit particulièrement symbolique du cimetière communal, le monument mets sous le regard des Malakoffiots les noms de leurs concitoyens morts à la guerre, ancrant ainsi leur mémoire dans la cité. Les services de la Mairie de Malakoff ont mis en oeuvre les deux conditions prévues par la loi pour retenir les noms devant figurer sur le futur monument aux morts : un lien direct entre le défunt et la commune principalement lieu de naissance ou du dernier domicile. Seront aussi retenus les morts à domicile blessés ou malades après l’armistice du 11 novembre, une soixantaine pour la ville de Malakoff jusqu’à la construction du monument en 1926.

Malgré le rajout des noms des morts des différents conflits du 20ème siècle, le monument garde la force symbolique originelle due à la liste des 961 noms de 1914-1918 qui couvrent le triptyque monumental. Sur le côté gauche, deux colonnes répertorient 268 noms, au centre sur quatre colonnes sont nommés 402 poilus, et sur le côté droit 261.

Sur les deux parties latérales ont été rajoutés les autres conflits du 20ème siècle. A gauche sur deux colonnes les 104 tués au combat durant la Seconde Guerre Mondiale, et à l’extrémité droite sur deux colonnes les 69 victimes du nazisme ainsi que les conflits ayant impliqué la France depuis 1945, la guerre en Indochine et ses 15 victimes, la guerre d’indépendance Algérienne et ses 13 victimes.

Aujourd’hui le monument est encadré par deux cyprès qu’on surnomme arbres de vie en raison de leur verdure persistante et leur longévité. Leur masse devenue envahissante dénature malheureusement la force du mur nominatif.

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Sources : Archives Municipales, dossiers 4H 1-6, 1M 16-17, 2M 6

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LE MONUMENT DU CENTRE VILLE
En souvenir des morts des deux guerres mondiales (1)

Dès l’année 1950 alors que les horreurs de la guerre, de l’occupation et des déportations marquent encore tous les esprits, le Conseil Municipal s’interroge sur l’idée d’un nouveau monument aux morts ayant une plus grande visibilité dans le centre ville pour commémorer les deux guerres. Le 3 novembre le Conseil Municipal décide l’édification d’un monument commémoratif des deux guerres place du 14 juillet, la création d’un Comité local.

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Dès l’année 1950 alors que les horreurs de la guerre, de l’occupation et des déportations marquent encore tous les esprits, le Conseil Municipal s’interroge sur l’idée d’un nouveau monument aux morts ayant une plus grande visibilité dans le centre ville pour commémorer les deux guerres. Le 3 novembre le Conseil Municipal décide l’édification d’un monument commémoratif des deux guerres place du 14 juillet, la création d’un Comité local.

Le Comité local pour l’érection du nouveau monument aux morts est déclaré sous la forme associative et constitué sous le patronage de personnalités de la ville, « de toutes opinions et de toutes confessions » présidée par le Maire Léon Salagnac, avec notamment trois vice-président, le curé de la paroisse, Robert Houdin, Jules Durassié, héros de 14-18 et fondateur de « Ceux de Verdun », Arnaud Lafaurie, ébéniste à Malakoff. Une convention est signée avec le sculpteur local Jean Joachin et le monument sera supervisé par l’architecte communal Gaston Levillageois.

L’emplacement du
monument fait débat avec le Préfet

Après l’Armistice du 11 novembre 1918 les débats avaient été vifs pour savoir où ériger un monument pour le millier de victimes de la ville, bien en vue sur une place où au cimetière, lieu propice au recueillement. Ce fut le cimetière.

Comme à cet époque, en 1950, il y eu débat pour décider ou implanter le nouveau monument des deux guerres. Conformément à la loi, le maire de Malakoff Léon Salagnac demande au Préfet l’autorisation d’élever le monument commémoratif place du 14 juillet, emplacement décidé par le Conseil Municipal.

Le 9 novembre 1951 le Préfet donne une réponse positive assortie toutefois de réserves concernant son emplacement car « sans être opposé au choix de l’emplacement envisagé mes services, dit-il, ont signalé que le lieu choisi entre l’avenue du Président Wilson et le square de Verdun constituera un écran au milieu d’une perspective, d’autant plus gênant qu’il se trouvera situé au point haut de l’avenue. Il serait préférable, avance le Préfet, de placer le monument à l’autre extrémité du square, en bordure de la route de Montrouge (aujourd’hui avenue Gabriel Péri)...ainsi situé, il aurait l’avantage de se trouver en fond de perspective contre une voie très fréquentée où il serait plus en vue... »

La réaction du Conseil Municipal ne tarde pas. Dans sa séance du 4 décembre 1951 après un large échange l’Assemblée municipale décide à l’unanimité de maintenir l’emplacement initial place du 14 juillet,. Dans sa lettre au Préfet Léon Salagnac explique pourquoi : « C’est après une visite des lieux explique le Maire, sur lesquels avait été érigée une maquette grandeur nature que les membres du Conseil Municipal, de même que les représentants qualifiés du Comité local pour l’érection, avaient d’un commun accord fixés l’emplacement du monument...Et de préciser que des modifications de la voirie et des clôtures du square côté de l’avenue Wilson avaient été prévues en accord avec le Service des Ponts et Chaussées. « Contrairement aux conclusions apportées par vos services conclu Léon Salagnac, l’emplacement que nous avons choisi permettra le maximum de recul et la perspective obtenue sera du meilleur effet en raison même de la verdure sur laquelle le monument s’exprimera..." 

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Sources : Archives municipales

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MONUMENT DU CENTRE VILLE
Une oeuvre mémorielle aux forts symboles (2)

Avec le monument "Le prix de la victoire, rien à voir avec le monument de la Première Guerre Mondiale au cimetière avec sa liste de 841 noms d’hommes de Malakoff morts sur les champs de bataille. L’artiste de Malakoff Jean Joachin a choisi le réalisme social personnifié à travers 5 scènes comprenant 12 personnages sculptés de profil qui occupent toute la largeur du monument. Un bel effet et des symboles forts

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Avec le monument "Le prix de la victoire, rien à voir avec le monument de la Première Guerre Mondiale au cimetière avec sa liste de 841 noms d’hommes de Malakoff morts sur les champs de bataille. L’artiste de Malakoff Jean Joachin a choisi le réalisme social personnifié à travers 5 scènes comprenant 12 personnages sculptés de profil qui occupent toute la largeur du monument. Un bel effet et des symboles forts

Pour avoir les réactions de la population et vérifier l’impact visuel du nouveau monument sur la place du 14 juillet, une maquette en plâtre, un moulage en taille réelle, comprenant six morceaux correspondant aux coupes de pierre est réalisé par le sculpteur Jean Joachin. Le 11 novembre 1953 cette maquette est exposée toute la journée dans le préau de l’ancien groupe scolaire Jean-Jaurès. Le public est venu nombreux découvrir le futur monument reconnu comme très évocateur des conflits du 20ème siècle.

Le monument du sculpteur Jean Joachin est le reflet de son époque, celle des années 1950. Il s’agit d’une vision idéalisée et symbolique forte au centre de l’oeuvre la femme ailée, figure aux ailes déployées, une allégorie de la victoire (3). La victoire du monument de Malakoff n’est pas triomphante ou guerrière. Son triomphe s’appuie sur le sacrifice, l’espoir des familles, des soldats et des Résistants. Elle ne proclame pas la grandeur des héros, mais elle prend sous ses ailes toute une humanité exprimée par les différents personnages qui l’entourent de part et d’autre.

12 personnages mis en scène

La figure centrale symbolisant la paix après la victoire est personnifiée par la femme ailée protégeant trois enfants .De gauche à droite :

-le combattant pleurant sur son camarade mort

-le fusillé attaché au poteau d’exécution

-l’homme debout (le Résistant)

-la famille retrouvée (homme, femme, enfant)

-l’idylle (jeune homme et jeune femme)

-la paix après la victoire (figure centrale personnifiée par la femme ailée et trois enfants)

Une pierre du monument de grande qualité

Pour composer le monument une très belle pierre est sélectionnée, la pierre calcaire de Chauvigny dans la Vienne à 20kms de Poitiers, un matériau de premier choix de couleur beige clair en taille égrisée que l’on trouve en général sur des bâtiments ou monuments prestigieux.(1). Pour la bordure et le socle est choisie une pierre de teinte jaune du

Val d’Arion dans l’Yonne.

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MONUMENT DU CENTRE VILLE
A l’arrière du monument, inscriptions et décorations (3)

Le revers du monument aux morts "Le prix de la Victoire", peu visible pour le passant mais bien observable à partir du square de Verdun, exprime concrètement le sens de ce deuxième espace commémoratif dans la ville voulue par les élus du Conseil Municipal cinq ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

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Le revers du monument aux morts "Le prix de la Victoire", peu visible pour le passant mais bien observable à partir du square de Verdun, exprime concrètement le sens de ce deuxième espace commémoratif dans la ville voulue par les élus du Conseil Municipal cinq ans après la fin de la Seconde Guerre Mondiale.

L’ensemble de la sculpture de Jean Joachin "Le prix de la victoire" en demi-relief est attaché à un arrière plan à la différence d’une oeuvre en ronde bosse dont on peut faire le tour comme la sculpture-fontaine du Parc Salagnac. Cette installation voulue par l’artiste sur son socle a permis d’avoir un revers au monument avec des bas-reliefs écrasés.

Les inscriptions, les bas-reliefs comme les décorations de cette face arrière du monument rappellent à la fois des lieux et des faits marquants du premier conflit mondial de 1914-1918 et de celui de 1939-1945 autour de l’écusson de la ville : les Dardanelles, Verdun, Ypres, Namur, Dixmude, le Chemin des Dames, Marne et Vosges, les camps de représailles, la Champagne, Normandie, Strasbourg, les stalags, la déportation, Dunkerque, Bir-Hakeim, la libération de Paris, la Résistance FFI et FTPS. Un concentré d’histoire des conflits du 20ème siècle.

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ULTIME ESPACE DU SOUVENIR
Le mémorial de la Maison de la Vie Associative (2003)

Profitant de la construction de la Maison de la Vie Associative en 2003 rue Victor Hugo, sur l’emplacement de l’ancienne Mairie, municipalité et associations patriotiques ont souhaité la création d’un mémorial, un espace symbolique fort dédié aux victimes civiles et militaires de toutes les guerres.

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Profitant de la construction de la Maison de la Vie Associative en 2003 rue Victor Hugo, sur l’emplacement de l’ancienne Mairie, municipalité et associations patriotiques ont souhaité la création d’un mémorial, un espace symbolique fort dédié aux victimes civiles et militaires de toutes les guerres.

Un monument a donc repris sur la façade d’entrée du bâtiment public un ensemble de plaques commémoratives placé auparavant dans le hall de la première Mairie de Malakoff.

De cet ensemble de plaques de marbres restauré qui porte toute la souffrance et le deuil de la commune s’élève désormais vers le ciel de grandes lames d’aluminium multicolores, jusqu’à la cime du bâtiment... comme l’arc en ciel qui vient après l’orage.


 

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