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ECOLE DE PARIS
Le manège de la place du 14 juillet, de Isaac Antcher (1950)

Le peintre Isaac Antcher (1899-1992) a résidé de nombreuses années à Malakoff place du 14 juillet Dans son atelier il a réalisé de nombreuses oeuvres dont trois restituent un aspect de la ville. Le plus connu peint en 1950 est « Le manège » que l’artiste pouvait apercevoir sur un coin de la place du 6ème étage de son appartement. Cette petite toile colorée est d’une riche sensibilité aux détails et à l’espace. Le « Manège » à été offert à la ville de Malakoff. Il orne désormais le bureau de la Maire à l’Hôtel de Ville.

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Le peintre Isaac Antcher (1899-1992) a résidé de nombreuses années à Malakoff place du 14 juillet Dans son atelier il a réalisé de nombreuses oeuvres dont trois restituent un aspect de la ville. Le plus connu peint en 1950 est « Le manège » que l’artiste pouvait apercevoir sur un coin de la place du 6ème étage de son appartement. Cette petite toile colorée est d’une riche sensibilité aux détails et à l’espace. Le « Manège » à été offert à la ville de Malakoff. Il orne désormais le bureau de la Maire à l’Hôtel de Ville.

Marc Restillini petit fils d’Isaac Antcher, ancien fondateur-directeur de la Pinacothèque de Paris, se souvient très bien de ce manège posé périodiquement sur l’extrémité de la place du 14 juillet : « Le manège de Malakoff qui a servi de modèle a l’un des tableaux de mon grand-père, je m’en souviens très bien. C’est une partie de mon enfance. J’allais sur ce manège lorsque je venais voir mes grands-parents dans l’immeuble de brique sur la place... Il a aussi peint au moins deux autres tableaux « Vues de Malakoff » restituant les toits de Malakoff aperçus de son appartement. Ils sont toujours conservés par ma famille... »

 

Photo ; Séverine Fernandes, Archives Municipales de Malakoff 

Marc Restellini, grand spécialiste du peintre Modigliani et organisateur durant de nombreuses années de grandes expositions et fier de ce grand-père qui a su créer un art personnel et profond, il a retracé le parcours peu banal de cet artiste juif dans le catalogue de l’une des expositions organisées à la Pinacothèque en 2012.

« Isaac Antcher est né le 21 janvier 1899 à Peresecina, un bourg de Bassarabie, en Russie, dans une modeste famille d’artisans Juifs. Grâce à sa soeur Léa, de six ans son aînée, il acquiert une sensibilité à l’art et à la peinture russe et italienne. En mai 1920 il quitte la Russie pour rejoindre un temps son frère dans le Pas-de-Calais en France. Pour subsister il travaille comme manoeuvre, transporteur, mineur avant d’arriver à Paris. Dans la misère, il n’y reste pas longtemps, et
en 1921 il décide de partir en Palestine où il vivra une vie de bohème.

En 1924 il revient à Paris. Il s’inscrit alors à différents cours de peinture et de dessin tout en exerçant des métiers difficiles pour vivre. Il s’inscrit notamment à l’académie de la Grande Chaumière dans le quartier Montparnasse, un lieu mythique dédié à la peinture, au dessin, au modelage et au modèle vivant. Il prend des cours du soir chez le sculpteur Henri Arnault qui lui enseigne le dessin et lui prodigue conseils et encouragements... Il devient membre de la fameuse Ecole de Paris qui rassemble des artistes qui contribuent à faire de Paris un foyer de création artistique et qui se sont pour la plupart installés dans le quartier Montparnasse.

Mais finalement c’est au Louvre qu’il se forme une conception de l’art à laquelle il restera toujours fidèle.Il est fasciné par Rembrandt. Il admire également les primitifs italiens, Giotto, Fra Angelino. Il aime les impressionnistes : Pissaro, Sisley et Cézanne. C’est à cette époque qu’il exécute ses premières natures mortes, autoportraits et paysages.

Il se marie en 1926 et expose pour la première fois au Salon d’Automne. Durant trois années, les Salons d’Automne et des Tuileries accueilleront ses peintures. Pendant plusieurs années, il peint régulièrement et partage son temps entre travaux de nécessité et le chevalet... »

Une longue période à Malakoff

Lorsque la guerre éclate en 1939, il s’engage comme volontaire. Démobilisé à Montpellier où sa famille vient de le rejoindre après avoir fuit la zone occupée, il va se réfugier entre 1940 et 1942 en zone italienne ou il expose à trois reprises. Mais en 1943 il doit se réfugier en Suisse où il est interné comme beaucoup de juifs dans un camps de travail où il continue à peindre durant ses moments libres.

Après la guerre il retrouve à Paris son atelier vidé par la spoliation des juifs à grande échelle. Il revient habiter Malakoff dans le HBN de la place du 14 juillet, une ville déjà connu par lui pur y avoir vécu un temps vers les années1935. Il reprend son activité artistique et ses expositions jusqu’en 1969, dont l’une organisée par le Centre Culturel de Malakoff en 1968. « Cette nouvelle période se caractérise par l’importance accordée aux grands motifs de paysages indique Marcs Restellini. Il est frappée en 1968 d’une hémiplégie qui le laisse handicapé de sa main droite. Mais avec acharnement il retrouve l’usage de sa main. Même s’il a perdu de sa précision, sa peinture rajeunit et devient dès lors plus colorée et les tons plus vifs. Il peint essentiellement la nature et la forêt ».

Isaac Antcher décède à Malakoff le 21 avril 1992 à l’âge de 93 ans.. Ses oeuvres ont aujourd’hui une belle côte.

 

Sources : extraits du catalogue de l’exposition Modigliani/Soutine à la Pinacothèque, (2012)/Entretien avec Marc Restellini, (2014). Photo Séverine Fernandes : Isaac Antcher-Archives municipales de Malakoff »

Photos : Archives Municipales de Malakoff

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Malakoff en « Banlieue » a séduit le peintre Kosta Hakman (1928)

Artiste de grande renommée internationale Kosta Hakman (1899-1961) est l’un des plus grands peintres serbes du 20ème siècle. Par ses inclinaisons naturelles et sa direction artistique Hakman appartient aux courants modernes de l’art. Pendant son premier séjour à Paris de 1926 à 1929 il peint plusieurs toiles de paysages urbains notamment en 1928 celle intitulée « Suburb » (Banlieue) , une petite toile de 73X60cm qui représente une maison de l’angle de la rue Gambetta/Chauvelot (encore reconnaissable aujourd’hui).

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Artiste de grande renommée internationale Kosta Hakman (1899-1961) est l’un des plus grands peintres serbes du 20ème siècle. Par ses inclinaisons naturelles et sa direction artistique Hakman appartient aux courants modernes de l’art. Pendant son premier séjour à Paris de 1926 à 1929 il peint plusieurs toiles de paysages urbains notamment en 1928 celle intitulée « Suburb » (Banlieue) , une petite toile de 73X60cm qui représente une maison de l’angle de la rue Gambetta/Chauvelot (encore reconnaissable aujourd’hui).

L’oeuvre « Suburb » est conservé au musée de la ville de Serbie Nov Sad située sur les rives du Danube et qui regroupe le Mémorial Collection of Pavle Beljanski consacré à la peinture Serbe du XXème siècle. Le tableau, avec celui de « Plaisance » sont présentés par l’artiste à une exposition représentative de l’art Yougoslave à Londres en avril 1970. La critique dira à cette occasion que les paysages de Kosta Hakman étaient les meilleures peintures présentées.

Le musée de Nov Sad présente le travail de Hakman comme ayant « toujours été une bonne incitation à exprimer le monde intérieur des sentiments, à enrichir le banal et à le transformer en valeur artistique... Lors de son séjour à Paris, les rues, les ponts sur la Seine et des quartiers de banlieue ont été les thèmes de prédilection de Hakman » .

Quoi de plus banal en effet que de peindre l’angle de deux rues du vieux Malakoff des années 1920. Dans cette oeuvre, au lieu de dépeindre l’agitation du Paris bohème, le peintre a opté pour le fragment urbain, le représentant sous un angle de vue bas, avec une maison au coin dominant la scène et la perspective profonde d’une rue presque déserte (rue Chauvelot). « Il y a une tonalité uniforme de nuances brun ocre et gris olive, une harmonie de chaleur d’où émerge une lueur nacrée, il n’y a que quelques touches distinctes de rose et de bleu qui donnent vie à la peinture... »

Lorsque le tableau est présenté lors de l’exposition personnelle de Kosta Hakman dans le pavillon d’art Cvijeta Zuzoric à Belgrade en novembre 1929, les critiques font remarquer que « Hakman préférait chercher la misère plutôt que le glamour, peindre des ruelles aveugles à Paris... ainsi que la beauté architecturale des villes, rues, places, banlieues.. »

Sources : Musée/Mémorial Collection de Pavle Beljanski

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UNE EPOQUE
Foujita, le japonais qui a peint Malakoff (1917)

Quelques années avant de devenir une figure majeure du Montparnasse artistique, Tsuguhara Foujita (1886-1968) réalise de nombreux paysages de la banlieue proche de Paris. Deux de ces tableaux, des huiles sur toile, mettent en scène Malakoff : "Paysage de Malakoff" et "la Porte de Vanves" Il a fait l’objet d’une exposition au Musée Maillol à Paris en 2018. Le tableau "Paysage de Malakoff" y a été exceptionnellement présenté.

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Quelques années avant de devenir une figure majeure du Montparnasse artistique, Tsuguhara Foujita (1886-1968) réalise de nombreux paysages de la banlieue proche de Paris. Deux de ces tableaux, des huiles sur toile, mettent en scène Malakoff : "Paysage de Malakoff" et "la Porte de Vanves" Il a fait l’objet d’une exposition au Musée Maillol à Paris en 2018. Le tableau "Paysage de Malakoff" y a été exceptionnellement présenté.

L’artiste japonais naturalisé Français, le plus oriental des peintres de Montparnasse, n’a pas eu besoin d’aller se promener bien loin pour peindre deux belles oeuvres dans la banlieue proche au sud de la capitale : Paysage de Malakoff, huile sur toile peinte en 1917, conservé dans une collection privée (Bâle). Le tableau représente le passage de la ligne de chemin de fer Paris-Versailles avec l’ancien Pont de la Vallée (actuellement emplacement de l’hôtel B&B).

"Paysage de Malakoff (1917)

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La Porte de Vanves (1918)

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Street in Parisréalisé en 1918, visible au Musée National d’Art Moderne de Tokyo montre la Porte de Vanves, alors territoire de Malakoff jusqu’en 1925.

Une aquarelle restitue également la Porte de Chatillon, l’un des accès des fortifications de Paris.

Une synthèse de deux cultures

Le peintre franco-japonais qui exprime la mélancolie de l’époque à travers toute une gamme de gris a connu un destin unique, celui d’un artiste évoluant entre deux cultures. « De ses prémices au Japon, en passant par son ascension et la révélation de son oeuvre, son parcours le mènera jusqu’à la création de ce personnage si singulier dans le contexte parisien des années folles. Ses thèmes récurrents femmes, chats, natures mortes, enfants et autoportraits sont spécifiques du foisonnement de sa production artistique. Foujita traverse les grands courants modernistes sans dévier de son schéma de recherche, respectueux de ses racines japonaises et du classicisme des grands maîtres occidentaux.

Ses oeuvres en appellent d’autres, celles de ses voisins d’atelier, ses amis, admirateurs et inspirateurs, pour un dialogue enrichissant permettant de mesurer l’originalité et la complémentarité des artistes regroupés sous l’appellation « École de Paris ».

C’est à Montparnasse et plus précisément rue Delambre, qu’il avait son atelier. Curieux et sociable, il s’était lié rapidement d’amitié avec Picasso, Braque, Apollinaire, Modigliani.... Marqué par l’oeuvre du douanier Rousseau, employé de l’octroi de la Porte de Vanves, Foujita cherche lui aussi à peindre ce qu’il ressent : « Il faut voir avec sa tête et traduire la nature, après l’avoir comprise, sur la toile » affirme-t-il.

Foujita, dans les années 1920 atteint une grande renommée en tant que peintre de belles femmes et de chats. Il a laissé sur Malakoff deux oeuvres originales, malheureusement rarement visible pour le public.

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MODERNISME DES ANNEES 1920
Maisons Malakoff, de Dordio Gomes (1923)

L’oeuvre « Maisons Malakoff » a été réalisé en 1923 par Dordio Gomes peintre modernisme portugais lors de son séjour à Paris (1921-1926). Elle représente un groupe de maisons et de chemins tordus, probablement le début de la rue Voltaire proche de la Zone des anciennes fortifications de Paris. Le tableau de petite dimension (54,3x65,2) est resté longtemps en possession de l’artiste jusqu’à sa datation au Musée National Soares dos Reis situé à Porto.

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L’oeuvre « Maisons Malakoff » a été réalisé en 1923 par Dordio Gomes peintre modernisme portugais lors de son séjour à Paris (1921-1926). Elle représente un groupe de maisons et de chemins tordus, probablement le début de la rue Voltaire proche de la Zone des anciennes fortifications de Paris. Le tableau de petite dimension (54,3x65,2) est resté longtemps en possession de l’artiste jusqu’à sa datation au Musée National Soares dos Reis situé à Porto.

Le tableau de Dordio Domes se remarque par les volumes architecturaux déformés, notamment ceux des immeubles du centre de la peinture. Les rues sont représentées par des lignes courbes très nettes et marquées en noir par de larges coups de pinceau, transmettant une sensation de mouvement et de distorsion, comme si l’image était vue à travers une lentille.

La gamme de tons chauds et profonds, entre le brun et l’ocre, prédomine dans les maisons contrairement aux tons gris du ciel, couvert de nuages. Le contraste est accentué par l’orientation et la structure du coup de pinceau qui dans le ciel se répartit en lignes obliques formant des triangulations de différentes nuances de gris, interrompues à gauche par les branches dénudées d’un arbre, un poteau électrique et un câble suspendu.

Né à Arraiolos le 26 juillet 1890 Dordio Gomes s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Lisbonne à l’âge de 12 ans. Lorsqu’il arrive à Paris en 1921, il fréquente l’Ecole Nationale des Beaux-Arts de Paris et l’atelier de Ferdinand Cormon connu avant tout pour ses peintures d’histoire et de grands décors, qui a vu passer plusieurs peintres célèbres dont Vincent van Gogh et Henri de Toulouse-Lautrec... En 1922 Dordio Gomes participe au Salon d’Automne à Paris. Puis, il va parcourir la Belgique, la Suisse, les Pays-Bas et séjourne huit mois en Italie. Tous ces voyages vont changer la peinture de Dordio au contact des nouvelles tendances internationales.

Source : fiche de présentation de l’oeuvre par le Musée Soares dos Reis

Une vision modernisme d’un ancien quartier de Malakoff aujourd’hui occupé par les grands immeubles sociaux et la station essence. Musée National Soares dos Reis situé à Porto.

 

A droite de cette carte postale du début du XXème siècle, le quartier de la rue Voltaire, qui a probablement servi de modèle à Dordio Gomes. Le peintre se serait donc tenu au fond de la rue, à l’opposé du photographe.

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HENRI ROUSSEAU
Le célèbre douanier de la Porte de Vanves
peint le village de Malakoff

L’on doit à Henri Rousseau, employé de l’octroi de la porte de Vanves un beau tableau sur le village de Malakoff peint en 1908. Une œuvre colorée, au style reconnaissable, un mélange des genres. De la vue de Malakoff perçue par l’artiste,il nous reste le tableau, mais aussi une rare étude préalable. Un travail préparatoire fort instructif sur les méthodes de travail du Douanier Rousseau.

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L’on doit à Henri Rousseau, employé de l’octroi de la porte de Vanves un beau tableau sur le village de Malakoff peint en 1908. Une œuvre colorée, au style reconnaissable, un mélange des genres. De la vue de Malakoff perçue par l’artiste,il nous reste le tableau, mais aussi une rare étude préalable. Un travail préparatoire fort instructif sur les méthodes de travail du Douanier Rousseau.

Le tableau intitulé « Vue de Malakoff » peint par le Douanier Rousseau en 1908 représente une rue de village, parsemée de maisons et dans laquelle évoluent des petits personnages au premier plan. Les éléments végétaux, comme les arbres, tiennent une place importante dans l’oeuvre. L’aspect de « village » est accentué par l’église en arrière-plan. Comme en contradiction avec ces éléments, de nombreux câbles électriques participent à la composition de la toile. Les câbles horizontaux croisent la verticalité des poteaux électriques, et viennent, avec les lignes de fuite de la route, bâtir une composition solide comme Rousseau est coutumier d’en faire. Ce mélange des genres, champêtre et urbain, nous rappelle la condition de Malakoff en 1908, à savoir un « village » à proximité immédiate de la capitale. Certains y voient également un hommage à l’électricité, énergie en plein développement à l’époque.

 

Travail préparatoire du tableau "Vue de Malakoff
« Vue de Malakoff » est une oeuvre qui présente un intérêt particulier : on connait une étude préalable au tableau final (collection particulière). C’est un des rares tableaux du Douanier Rousseau pour lequel on ait conservé ce type de travail préparatoire. Cette étude permet de comprendre que le peintre n’improvise pas dans son travail, mais qu’au au contraire il réfléchit sur les détails de sa composition à l’avance. L’esquisse aura une grande destinée : offerte à un de ses amis, le peintre américain d’origine russe Max Weber, c’est grâce à elle que le Douanier Rousseau fut connu aux Etats-Unis pour la première fois, pour devenir le peintre mondialement renommé que nous connaissons aujourd’hui.
 
L’art naïf de Rousseau, un tournant dans l’histoire de la peinture
 
Henri Rousseau est un peintre majeur du début du XXème siècle. Son art, qualifié de « naïf », marque un tournant dans l’histoire de la peinture.
Né à Laval en 1844, Issu d’une famille modeste, il s’installe à Paris où il exerce plusieurs activités pour gagner sa vie. Il donne des cours de dessin et de musique dans le quartier de Plaisance où il réside, mais son activité la plus célèbre est celle d’employé d’octroi à la Porte de Vanves, suite à laquelle on le surnomme « Le Douanier ». Henri Rousseau peint depuis 1875 ; il effectue des copies au musée du Louvre, et expose dans les salons. Il fréquente les plus grands artistes du moment, à l’instar de Signac, Pissaro, Toulouse Lautrec, Redon, mais aussi les cubistes Braques, Picasso, Delaunay et Léger.
 
La peinture d’Henri Rousseau ne relève pour l’époque d’aucune École. Elle se caractérise par des formes simples, un dessin précis, des couleurs audacieuses, le tout organisé dans une composition efficace et équilibrée. La frontière entre le « naïf » et le « calculé » est difficile à cerner dans l’oeuvre d’Henri Rousseau. Cependant, on ne peut pas soupçonner ce peintre d’amateurisme. Le grand nombre d’oeuvres produites tout au long de sa vie et leur degré de finition ne laisse pas de doute, Henri Rousseau est bien un peintre hors-pair.

On ne conserve que peu d’éléments sur sa vie, en effet Henri Rousseau peintre plus qu’artiste, était trop modeste pour laisser des traces. Henri Rousseau est décédé le 2 septembre 1910 à l’hôpital Necker à Paris.

 Agnès Gréca
 
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Sources :
- Le Douanier Rousseau, paysages, Gilles Plazy, Herscher, Paris, 2006- Rousseau,  Frank Elgar, Hazan (Les Maîtres de l’art), Paris, 1981

 

 

 

 

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AQUARELLE
La Porte de Vanves croquée par Johan Barthold Jongkind (1860)

L’aquarelle de 1860 de la Porte de Vanves, le peintre hollandais Johan Barthold Jongkind (1819-1891) a laissé le témoignage de cette zone semi rurale à l’époque, extrémité de la commune de Vanves qui deviendra l’extrémité de Malakoff de 1883 à 1925. Ce croquis a probablement été pris de la banlieue vers Paris, comme semble l’indiquer le mur des fortifications qui se profile au loin. Il révèle une technique novatrice employée par ce peintre admiré des impressionnistes .

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L’aquarelle de 1860 de la Porte de Vanves, le peintre hollandais Johan Barthold Jongkind (1819-1891) a laissé le témoignage de cette zone semi rurale à l’époque, extrémité de la commune de Vanves qui deviendra l’extrémité de Malakoff de 1883 à 1925. Ce croquis a probablement été pris de la banlieue vers Paris, comme semble l’indiquer le mur des fortifications qui se profile au loin. Il révèle une technique novatrice employée par ce peintre admiré des impressionnistes .

Photo : Musée du Louvre

A partir de rapides croquis aquarellés saisis sur le terrain Johan Barthold Jonghind réalisait des toiles plus construite en atelier. Toutes ses aquarelles n’ont pas fait l’objet d’une toile, c’est le cas du croquis de la Porte de Vanves.

Né à Lattrop, en Hollande, Johan Barthold Jonghind s’initie à la Haye à la tradition du paysage hollandais. Le peintre Eugène Isabey, chef de file de l’école romantique française , le remarque lors d’un voyage aux Pays-Bas et l’invite à fréquenter son atelier parisien dès 1846. Jongkind s’intéresse alors à la modernité industrielle et urbaine de Paris., plutôt qu’à son image glorieuse ou touristique. Les quais de la capitale, comme les côtes normandes sont ses sources d’inspiration.

Démontrant une rare maîtrise de la luminosité, il joue sur les touches de couleur pour rendre les effets changeants du ciel et de l’eau. Il séjourne à diverses reprises au Havre, à Honfleur, à Trouville, où il rencontre Boudin et Monet, lequel dira de lui « Il fut mon vrai maître et c’est à lui que je dois l’éducation définitive de mon oeil ». Emile Zola rendra aussi hommage à sa peinture : « On dirait des ébauches jetées à la hâte, par crainte de laisser échapper l’impression première ». La fluidité et la transparence des toile de ce peintre de l’atmosphère annonçaient en effet la vague impressionniste de la fin du XIXème siècle.

Sources : Malakoff infos mars 2008/ Biographie de Marc Gerondeau sur Impressionniste.net

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ACHILLE OUVRE
L’estampe "Coin de rue à Malakoff"

L’estampe intitulée « Coin de rue à Malakoff », conservée à la Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art à Paris, est l’œuvre peu connue d’un grand illustrateur de la fin du dix-neuvième siècle, Achille Ouvré (1872-1951). Ce document représente une valeur documentaire intéressante sur le Malakoff d’hier. Explications.

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L’estampe intitulée « Coin de rue à Malakoff », conservée à la Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art à Paris, est l’œuvre peu connue d’un grand illustrateur de la fin du dix-neuvième siècle, Achille Ouvré (1872-1951). Ce document représente une valeur documentaire intéressante sur le Malakoff d’hier. Explications.

L’estampe réalisée par Achille Ouvré est une eau forte, un procédé de gravure sur métal dont la taille se fait à l’aide d’acide et non à l’aide d’outils comme le burin. Son format est de 19,4cm sur 11,7cm. L’illustrateur fait figurer un homme revêtu d’une redingote et d’un chapeau haut de forme qui se promène et semble étonné par un réverbère bancal. L’habit bourgeois du personnage, à l’allure somme toute débonnaire, contraste avec le paysage modeste qui l’entoure. Cette scène de la vie quotidienne caractérise bien Malakoff vers la fin du XIXème siècle, puisqu’on y retrouve à la fois des cheminées d’usines (nombreuses à l’époque à Malakoff)  et un réverbère à bec de gaz.

 
Un illustrateur de la vie telle qu’elle est
 
Achille Ouvré, graveur parisien, est né le 26 juillet 1872 rue Fondary dans le XVème arrondissement. Il est décédé le 26 mars 1951 à son domicile rue Cassini dans le XIVème. Méconnu de nos jours, Achille Ouvré était pourtant un grand illustrateur de son temps, ayant collaboré à de nombreuses publications et portraituré les plus renommés de ses contemporains. En fin de carrière, il grave des timbres pour l’Administration des Postes, devient membre du comité du Salon d’Automne, Salon dont il présida la section gravure. Il a été décoré de la Légion d’honneur.
 
Achille Ouvré est avant tout un illustrateur de son époque. Il apprend sans maître à l’Académie Colarossi, école privée, alternative à l’école des Beaux-arts. Son œuvre est caractérisée par son attachement au portrait. Parmi ses représentations, on compte Anatole France, Paul Valéry, Jules Romains, Foujita. Il fut aussi l’illustrateur de Mallarmé, Oscar Wilde, Gustave Flaubert, et Jules Romains.
Louis Vauxcelles, grand historien de l’art qui donna leurs noms aux mouvements fauve et cubiste, dit d’Achille Ouvré qu’il a deux influences profondes : Hans Holbein le Jeune, à qui il doit « sa concentration et sa façon de scruter les visages en profondeur », et Hiroshige dont il apprécie « l’élégance cursive, l’arabesque décorative et la vie extérieure ».
 
Achille Ouvré transforme ces influences en une œuvre personnelle singulière. Il cherche avant tout à saisir le caractère de l’âme dans ses estampes, et va au-delà de la simple représentation graphique. Il n’y a pas de romantisme, ou d’idéalisation chez Ouvré, il s’attache à représenter la vie telle qu’elle est. Son œuvre est si authentique qu’elle présente aujourd’hui une valeur documentaire intéressante sur la société du début du XXème siècle.
 
 Agnès Gréca
 
Sources :
-Catalogue de peinture, sculpture, dessin, gravure, livre, arts appliqués : 6 novembre, 25 novembre 1951, Grand Palais, Société du Salon d’automne, Paris, 1951. ©Cliché publié avec l’autorisation gracieuse de la Bibliothèque de l’Institut national d’histoire de l’art (collections Jacques Doucet)

-Exposition d’œuvres d’Achille Ouvré, 12-26 Juin 1907, Agence musicale de Paris, Paris, 1907

 
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* Salon d’Automne : Exposition qui se tient à Paris depuis 1903. Crée au Petit Palais, elle avait pour vocation première de lancer la carrière de jeunes artistes, et de faire découvrir l’impressionnisme au grand public.

 

 

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